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Les Yézidis en Irak, persécutés depuis longtemps

La vieille communauté religieuse des Yézidis, qui est présentement retranchée dans les hauts des montagnes en Irak, en est à sa 72e attaque d'importance lancée contre elle au cours des 1500 dernières années. Un aspect semble demeurer constant dans cette série de pogroms sinistres: les Yézidis seraient des adorateurs du diable. Les membres de cette confession affirment que les rebelles islamistes mettant l'Irak à feu et à sang éprouvent encore plus de haine pour eux que pour les autres minorités de la région, haine qui est alimentée par une méconnaissance de leurs valeurs fondamentales. Khidher Domle, un bénévole yézidi qui travaille à aider le petit groupe de gens ayant réussi à s'enfuir de la montagne Sinjar, dit vouloir que la population apprenne à les connaître, soulignant qu'ils pratiquent une très vieille religion, et que celle-ci est très pacifique.

Des milliers de ses concitoyens sont coincés sur le sommet de la montagne, et des avions américains effectuent des largages de vivres et d'eau potable pour leur venir en aide.
Comme plusieurs Yézidis, M. Domle se considère comme étant de nationalité kurde. Comme pratiquement tout à propos de la culture de sa communauté, toutefois, la question de l'origine de celle-ci fait toujours débat.Selon une étude de Christine Allison, de l'Université britannique d'Exeter, les informations à propos de l'origine du groupe   «sont particulièrement malléables» en fonction des ordres du jour politiques. Parmi les plus récentes attaques et exils subis par les membres des Yézidis, Saddam Hussein a déplacé des communautés entières et propagé l'idée qu'ils étaient Arabes, dans l'espoir de les placer en porte-à-faux face aux nationalistes kurdes.
L'histoire de la communauté étant largement orale, cela a suscité de grandes divergences lorsqu'il est question de décrire la religion. Même le nombre de fidèles fait débat, bien qu'il soit estimé à plusieurs centaines de milliers de personnes réparties dans divers pays; principalement en Irak, mais aussi en Syrie, en Arménie, en Russie et en Occident.Il est interdit pour les Yézidis de manger de la citrouille, du poisson et de la laitue, qui sont considérés impurs. La couleur bleue est sacrée, et les vêtements portés ne devraient pas en arborer.

Cette religion vieille de 4000 ans compte des aspects qui pourraient s'avérer reconnaissables par des gens d'autres confessions, du zoroastrisme aux religions abrahamiques modernes, désignant principalement le judaïsme, le christianisme et l'islam.
Depuis le début de la semaine, la Turquie accueille sur son territoire des membres de la communauté yézidie, cette minorité religieuse qui vivait en nombre à Sinjar, une ville au nord-ouest de l’Irak. Les Yézidis ont fui, samedi dernier, leur capitale, envahie par les combattants de l’État islamique, qui considèrent leur culte comme satanique pour la montagne où de nombreux membres sont morts de faim. Mais certains ont rejoint la ville de Silopi en Turquie, tout près de la frontière irakienne.Ils sont 700 Yézidis dans le camp de Silopi à avoir fui Sinjar et sa région, prise il y a une semaine par les combattants de l’État islamique.

Après un périple à travers les montagnes, ils ont rejoint la Turquie grâce à un couloir humanitaire mis en place par les forces kurdes de Syrie, qui luttent désormais aux côtés des kurdes d’Irak.
Najah Hassan a fui l’enfer des montagnes de Sinjar il y a quatre jours : « Les bombardements continuent là-bas nous étions dans la montagne. Ce sont les kurdes syriens qui nous ont libérés. C’était très dangereux, beaucoup de gens sont morts, des enfants, des femmes, des filles. Et, encore maintenant, ils restent des gens dans la montagne. »

La communauté internationale s’est émue du sort des Yézidis, mais, dans le camp, géré par la municipalité, kurde de Silopi, Kheiri Ghabane, les traits fatigués, désespère de l’aide internationale : « 
Nous avons abandonné notre maison, voilà comment nous sommes arrivés, sans rien. Tout ce qu’on veut c’est qu’on nous aide à partir d’ici. Ce n’est plus notre place. Nous ne pouvons plus vivre avec les Arabes. Un enfant de 4 ans, ils lui ont coupé la tête comme à un poulet. Nos femmes, notre honneur, on a tout perdu. »  Chaque jour, ils sont encore des dizaines à rejoindre ce camp après avoir fui leur pays.

En savoir plus:
Nigéria: Boko Haram

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