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Eglise Animiste de la Première Alliance Cosmique avec OSIRIS

 

 

 

ORIGINE ET SENS DU MOT « FOI » 

Les mots latins fides (foi) et foedus (pacte, accord, alliance) proviennent d'une même racine indo-européenne, beidh-, qui a donné aussi en grec pistis et qui suggère d'une manière générale l'idée de confiance (cf. G. Dumézil, Idées romaines ; G. Freybur- Cr, Fides. Étude sémantique et religieuse)  

La foi est un engagement durable de la confiance, suivant des formes variables telles que : parole donnée, promesse, profession de foi, serment, contrat, traité, alliance, conventions diverses. Du fait que la confiance se donne et se reçoit, la valeur du mot « foi » oscille entre le sens actif de « faire confiance » (avoir foi, avoir la foi) et le sens passif d' « inspirer confiance » (faire foi, être digne de foi, jouir d'un crédit, être fiable). La foi ne se réduit pas à la confiance ; elle l'oriente. Elle peut l'orienter en deux directions complémentaires :

-La foi que nous accordons à la parole d'autrui ou à son témoignage oriente vers lui notre confiance (sens actif).

-La bonne foi, l'intention droite, oriente vers nous la confiance (sens passif), elle nous vaut un crédit moral. Sous ces deux directions opposées (la foi qui nous rend confiants, la foi qui nous rend fiables), on peut reconnaître l'exigence d'une relation réciproque entre les personnes diversement concernées par les enjeux de la foi.

La parole donnée engage une relation réciproque entre la loyauté de l'un et la confiance de l'autre. En donnant sa foi, on se donne soi-même à reconnaître. Tu ne peux avoir qu'une parole ; il y va de toi. Les nombreuses références données par le dictionnaire de Littré montrent qu'à l'âge classique le mot « foi » pose la base personnelle d'un lien social et sert à exprimer toutes les formes de loyalisme : la foi de l'amitié, la foi en amour, la foi du mariage, la foi promise, la foi jurée, la foi des traités, la foi patriotique, la foi d'honnête homme et la foi de Bohême (celle que les voleurs se gardent entre eux), la foi en autrui, la foi en soi-même...

Dans tous ces cas, la foi est distincte du concept de croyance ; elle est comme un pacte que l'on fait avec soi-même ou avec autrui ; elle implique la loyauté dans les conventions et la fidélité aux engagements pris. C'est la civilisation romaine de l'Antiquité qui, par l'intermédiaire du Moyen Âge, nous a transmis cette idée de la foi comme vertu de loyauté..., la bonne foi...

LA FOI CHRÉTIENNE

Puisqu'elle introduit une croyance religieuse dans les liens de fidélité à la parole donnée : fidélité de Dieu à sa Parole (c'est-à-dire à la promesse du salut accomplie dans la résurrection du Christ) et fidélité du chrétien à sa profession de foi (promesses du baptême).

Aujourd'hui, on a tendance à projeter l'idéologie chrétienne sur les autres religions en considérant toute croyance religieuse comme une foi. C'est une erreur qui empêche de comprendre l'histoire des religions ; chaque religion doit être analysée en fonction de son propre vocabulaire. Cette question de vocabulaire est particulièrement importante lorsqu'on traite des rapports entre le judaïsme et le christianisme ou l'islam. Car l'ancienne religion d'Israël ne concevait pas la croyance en Dieu comme une foi, au sens que ce mot a pris chez les chrétiens dans le cadre du judaïsme hellénistique sous l'occupation romaine.

Aujourd'hui encore, on peut constater que 1'Encyclopedia Judaica (publiée en anglais en 1971) ne contient pas d'entrée Faith, mais seulement Belief (« croyance » en général) et Articles offaith (à titre d'expression médiévale utilisée par certains rabbins pour dresser une liste des principales croyances juives). Les rédacteurs de cette encyclopédie affirment que l'enseignement biblique ne contient aucune injonction à croire, aucune prescription de ce que le Christianisme et l'Islam appellent « la foi ».

C'est pour cela que les théologiens chrétiens ont toujours distingué la Loi de l'Ancien Testament et la Foi du Nouveau..., Lex et Fides. L'histoire des origines chrétiennes, est l'histoire d'une transformation du concept de fidélité :  La Bonne Nouvelle de l'avènement messianique, n'ayant pas été reçue par le peuple d'Israël, comme dira saint Paul..., va devenir, au cours du Ier Siècle, le point de départ d'une nouvelle forme de religion..., une religion dans laquelle on entre par conversion individuelle, indépendamment des appartenances ethniques..!!!

La forme de la religion a changé : elle n'est pas ethnique (nationale) mais « congrégationnelle » (une assemblée de croyants, l'Église). Lorsque les chrétiens parient de « la foi d'Abraham », ils interprètent l'Ancien Testament non pas  « suivant la lettre » mais « suivant l'Esprit ». Cette interprétation spirituelle sera reprise ensuite par l'islam... Celui-ci interprétera l'idée biblique d'alliance sous la forme d'une alliance Céleste, d'une alliance éternelle qui se passe dans le Ciel... L'expression « Alliance Éternelle » se trouvait déjà dans la Bible. Mais cette expression a été surtout utilisée dans le culte. À mesure que se développait dans le Rabbinisme et le Christianisme la pratique de la lecture des Saintes Écritures, l’intelligence de la foi se tournait vers la contemplation des réalités célestes, éternelles, au-delà du monde sensible. C'est en conformité avec cette pratique rituelle de la lecture que l'islam a conçu la fonction du Prophète ; Dieu commanda à Muhammad fondateur de la religion musulmane, de répéter sur la terre les paroles « écrites dans le ciel ». Le Prophète-lecteur inaugura une nouvelle conception de la fidélité, la religion du Livre...

FOI EN DIEU

L'influence de ces deux civilisations se retrouve aujourd'hui dans notre vocabulaire lorsque nous distinguons la bonne foi et la foi en Dieu. 

Les deux conceptions de la foi comme loyauté et comme croyance nous ont été transmises par le mot fides en latin médiéval. La rencontre entre la civilisation juive et la civilisation hellénistique (gréco-romaine) s'était déjà produite au IIIe siècle avant J.-C. lorsque les juifs alexandrins (les « Septante ») avaient traduit la Bible en grec. Au cours du Ier siècle après J.-C., la langue grecque est devenue la langue dans laquelle s'est diffusé le Christianisme.

Le mot grec pistis a servi à exprimer la foi messianique, qui s'est peu à peu distinguée de la fidélité à la Loi Juive. Ainsi s'est formée « la Tradition Apostolique » reconnue (bien que de manières différentes) par les catholiques et les protestants comme la source, de la prédication et de la discipline dans l'Église. Nous aurons donc à étudier comment le christianisme a transformé l'idée de foi ; il en a fait une croyance pour laquelle on témoigne, alors qu'originellement la foi (la bonne foi) était la rectitude qui conditionne l'existence (la validité morale) d'un témoignage, quel qu'il soit.

LA CROYANCE

Est une affaire historique, alors que la sincérité conditionne universellement, moralement, la crédibilité. 

Y a-t-il un sens moral du mot « foi » ? Lequel ? L'histoire nous montrera que cette question est inéluctable. « Fides » et « foedus » dans l'Antiquité romaine. Quelles étaient les valeurs de la fides chez le peuple romain avant l'apparition du christianisme ? Nous adopterons comme fil directeur de notre analyse l'hypothèse formulée jadis par M.Voigt (« Die Begriffe Von Fides », in Jus naturelle, IV, Leipzig, 1875) et complétée depuis par G. Dumézil et G. Freyburger.

L'idée essentielle, que nous avons déjà mentionnée, est la suivante : le terme fides est un terme de relation ; il détermine entre les hommes une relation qui oriente la confiance soit dans une direction active (la confiance que je fais ou que j'accorde), soit dans une direction passive (la confiance que j'obtiens ou que je mérite), les deux directions pouvant d'ailleurs être suggérées à des degrés divers dans une même phrase.

Au sens actif, habere fidem, par exemple, signifie « avoir foi en quelqu'un, avoir confiance en quelqu'un ». Il ne faut pas confondre cette expression avec celle que nos habitudes actuelles de penser nous invitent à formuler en profitant des facilités que donne l'article en français : « avoir la foi ».

Cette dernière formule a un sens attributif plutôt que relationnel (on attribue à quelqu'un une conviction). Nous ne sommes que trop portés aujourd'hui à imaginer « la » foi comme quelque chose que l'on « a » ou que l'on n'a pas ; il vaut mieux laisser de côte provisoirement ce sens attributif jusqu'à ce que nous soyons en mesure de l'expliquer. Les valeurs relationnelles sont plus fondamentales, même lorsqu'on privilégie le sens actif en direction d'autrui (« je vous crois, je vous fais confiance »). Il faut regarder dans l'autre direction (le sens passif) pour comprendre comment la fides a pu devenir une vertu morale, « celle que les Romains ont le mieux et le plus cultivée », comme dit Aulu-Gelle (Nuits Antiques, XX, I, 19). La fides est comprise comme une vertu morale sur la base d'une norme sociale, d'une règle des mœurs suivant laquelle la confiance obtenue, le crédit moral (sens passif) dont je suis digne dépend de ma loyauté, cette loyauté étant elle-même une valeur complexe qui inclut : la sincérité ou bonne foi ; le respect des lois (fides legum) ; Le sens de la dignité…, (qu'en termes modernes nous appellerions un code de l'honneur). La fides est donc avant tout la vertu de la fiabilité morale et civique ; Elle conditionne la solidarité sociale dans le respect du droit (jus). C'est pourquoi Cicéron, traitant des vertus cardinales (prudence, justice, courage, tempérance), range la fides dans la catégorie de la justice : « Le fondement de la justice est la foi…, c'est-à-dire la fidélité (constantio) et la véracité (veritas) dans les paroles et les conventions » (De officiis, I, 23).  La foi est l'honnêteté qui mérite crédit : « Rien en effet ne maintient avec plus de force l'État que la Foi…[= crédit] qui ne peut exister sans la nécessité de payer ses dettes » (ibid., II, 24).

ALLIANCE ET FIDÉLITÉ

 Première Alliance entre Dieu et Noé

Nous avons pris l'habitude de parler globalement de « la foi biblique », de « la foi  chrétienne », de « la foi juive »... 

En supposant que le mot « foi » résume la totalité du rapport de l'homme à Dieu. Il n'existe pas de mot en hébreu qui corresponde à cette acception. Les seuls termes capables d'évoquer dans sa totalité le message  biblique sont ceux qui se rapportent non pas aux attitudes de l'homme, mais à l'œuvre de  Dieu.

Le Moyen Age voyait dans l'Écriture la révélation du droit divin, Jus divinum 5; C'est à peu près dans le même sens qu'en hébreu moderne on emploie le mot dath pour désigner la religion. L'ordre divin révélé dans l'Écriture s'organise autour d'une idée centrale : l'alliance de Dieu avec le peuple élu. Le mot hébreu berith, ils peut se traduire « pacte d'alliance » (foedus)  ou « serment » (sacramentum), avec cependant une nuance importante qui met l'accent sur les obligations résultant des engagements pris. Cette nuance légaliste est évoquée par les traductions grecque (diathékë) et latine (testamentum), qui soulignent que l'Écriture, à la manière d'un Testament, est le décret définitif, l'expression dernière de la volonté divine, car c'est Dieu qui a engagé la véracité de sa parole dans l'élection d'Abraham et dans la loi de l'alliance promulguée par Moïse. Il faut insister sur ces deux points, pour comprendre les enjeux et les formes du loyalisme dans l'Ancien Testament. Dans l’élection d'Abraham, il y va de l'existence même d'une race élue, issue d'un couple stérile...

Dans l'alliance mosaïque, l'enjeu est différent : c'est un rapport de Suzerain à Vassal qui s'établit entre Dieu et Israël. L'archéologie, en effet, éclaire la nature de  la berith (en accadien bintu). En 1954, G. Mandenhall a montré qu'un traité hittite (xiv'-xnr- s. av. J.-C.) avait la composition suivante : après nomination des titulaires ; 1° Introduction historique motivant la loyauté exigée du Vassal ; 2° Stipulations du traité ; 3° Liste des témoins divins ; 4° Bénédictions et malédictions ; 5° Promulgation, publique du traité enregistré sur des tablettes. On retrouve une structure analogue dans Exode, XIX-XXIV : 1° Introduction historique, XIX, 4-6 ; 2° Lois, XX-XXIII, 19 ; 3° Promesses et menaces, XXIxxin, 20-23 ; 4° Proclamation publique de l'alliance, XXIV, 1-8. Des traités plus récents, comme celui d'Esarhadon avec ses Vassaux orientaux, sont comparables par leur date et leur composition à la structure du Deutéronome : 1° Introduction historique (Deut., i-n) ; 2° lois, xn, 1- xxvi, 15 ; 3° Obligations mutuelles, XXVI, 16-19; 4° Bénédictions et malédictions, XXVll-XXIX. Yahwé est donc le Suzerain d'Israël, il lui a donné sa loi.

Le vocabulaire du loyalisme, en Israël, comporte un certain nombre de termes dont les principaux (mais non les seuls) se trouvent dans les dérivés de la racine aman (dont on connaît la forme optative Amen, qui est  prononcée à la fin de la prière). L'idée générale semble être celle de stabilité, de garantie durable, de support, sur quoi on puisse s'appuyer comme sur une base sûre ( (cf. le « Rocher » d'Israël). Cependant, les ( dérives de cette racine doivent être étudiés pour eux-mêmes dans la variété de leurs emplois. Chaque unité morphologique est syntaxiquement définie par un champ sémantique qui est l'ensemble de ses valeurs d'usage. C'est Ludwig Bach qui, en 1900, introduisit les méthodes d'analyse sémantiques dans ce qu'il appelait alors « l'intuition de la foi dans l'Ancien Testament ». Une  racine hébraïque donne à la fois des formes nominales et des formes verbales.

Dans le IIe livre des Rois, XXII, 7, il est dit que les travailleurs du temple font leur métier avec probité, consciencieusement. Les Proverbes opposent au menteur l'Homme véridique dans ses paroles et loyal dans ses actes (Prov, xn, 17; xiv, 5). Jérémie cherche en vain un homme qui pratique la justice et soit  sincère (Jér., v, 1). « Ils tendent l'arc de leur langue pour le mensonge et ce n'est pas dans  la droiture qu'ils ont grandi » (Jér., ix 2) On voit que ces emplois privilégient les valeurs de confiance au sens passif (celles qui le attirent la confiance).

Dans les Psaumes, surtout, le sens de l'emunah prend de l'ampleur et devient l'expression par excellence de la fidélité à l'ordre divin : « J'ai choisi la voie de ta fidélité, j'ai assimilé tes  jugements » (PS., CXIX, 30). Il s'agit de savoir où placer sa confiance, non pas dans  une vie de « mensonge », mais dans la voie de « Ta » fidélité. « Yahwé sauvegarde ceux qui sont fidèles, et punit à l'extrême les faiseurs d'orgueil » (PS., XXXI, 24) Le célèbre texte d'Habacuc II, 4 que la Septante  a traduit : « Le juste vit par sa foi » signifie que le juste vit de fidélité sincère, c'est-à-dire, exactement de comportements conformes à 'emeth, la vérité. Car la vérité, dans la Bible a généralement un sens normatif; elle indique moins le fait que la conformité à ce qui doit être.

En principe, 'emunah est une disposition intérieure, alors que 'emeth se rapporte à des paroles ou à des actes auxquels on peut se fier. Mais il y a souvent des glissements de sens entre les deux. Il semble que 'emeth est employé plus souvent à date ancienne, alors qu'il se fait rare dans le code sacerdotal. Une partie de ses valeurs est prise par 'emunah. Dieu est aussi bien un Dieu de vérité qu'un Dieu de 'emunah (Deut xxxn, 4). Notez le parallélisme dans les deux vers suivants : « J'ai dit ta fidélité et ton secours, je n'ai pas caché ta grâce [Khesed] et ta vérité ['emeth] » (PS., XL, 11). Le mot Khesed signifie en Dieu la grâce, chez l’Homme la piété ; lorsqu'il est mis en conjonction avec vérité, il exprime la valeur propre de l'Alliance. La même valeur est exprimée, par parallélisme, dans le premier vers : « Ta fidélité et ton secours. » Dans le psaume CXLIII, 1, il est dit que Dieu répond à la supplication par son 'emunah ; on peut songer à la fides romaine accordée en réponse au suppliant ; de toute façon, il ne s'agit pas de dire que Dieu a « la foi » mais qu'il est fiable. 

LES PACTES

Pour conclure ces analyses, reprenons la comparaison entre la formule romaine fides-foedus et la formule hébraïque 'emunah-berith. 

La comparaison peut s'appuyer sur le fait que l'on trouve dans l'histoire du peuple hébreu deux conceptions du pacte : une conception ancienne analogue à la formule romaine et une conception plus originale, propre à la religion d'Israël. L'intervention de la divinité n'est pas la même dans ces deux sortes de pactes.  A date ancienne, chez les Hébreux, les Romains, les Grecs et bien d'autres, la divinité intervient en tiers entre les partenaires humains concluant un pacte ; elle intervient comme témoin invisible et garant des accords conclus entre les hommes (par exemple Gen., XXXII, 44 sqq.). Dans une forme plus typiquement juive, c'est un homme qui intervient comme médiateur de l'alliance entre le peuple d'Isaël et Yahwé. Tel est le cas principalement le Moïse dans l'alliance sinaïtique, de Jésus dans le Nouveau Testament, de Muhammad dans l'alliance Céleste dont parle le Coran.

On notera que la théologie de l'Alliance change suivant le rôle attribué au médiateur : Législateur, messie ou prophète. Lorsque la divinité sert de médiateur (dans la formule ancienne), elle garantit par des actions religieuses la fidélité des partenaires humains. En revanche, lorsque la divinité entre comme partenaire du pacte, le rapport d'alliance devient intrinsèquement religieux, théocentrique. La parole donnée par Dieu, la promesse divine, appelle en retour la fidélité de l'Homme aux commandements divins...

LA LOI ET FOI

Dans ses épîtres aux Galates et aux Romains, saint Paul oppose la Loi et la Foi, la lettre et l'Esprit. 

La rédemption par l'amour est la révélation de la Loi nouvelle, la charité. Au moment où il écrit ses fameuses lettres (autour des années 50), le christianisme et le judaïsme n'étaient pas deux religions distinctes. Paul se dit lui-même pharisien, fils de pharisien ; et Luc, dans les Actes des Apôtres, soutient que Paul est resté fidèle observateur des « coutumes de ses pères » jusqu'à la fin de sa vie (Act., xxvm, 17). Y a-t-il contradiction entre la thèse de Luc et les affirmations de Paul sur la caducité de la Loi ? Il ne le semble pas. Paul n'a pas dit que les juifs étaient dispensés d'observer la Loi, mais qu'ils n'avaient pas à l'imposer aux croyants venus de la gentilité.

Il s'agit pour lui d'un débat interne au judaïsme, il ne met pas en question « l'héritage » de ses pères, ni l'espoir d'une restauration d'Israël à la fin des temps, mais il pense que le salut doit passer par la conversion des païens : « Dieu est-il seulement le Dieu des juifs ?

Demande-t-il. N'est-il pas…, aussi le Dieu des gentils…?  Oui, il est aussi le Dieu des gentils... Alors il n'y a qu'un seul Dieu qui justifie le circoncis par la foi et l'incirconcis par la foi. Abolissons-nous, la Loi ? Absolument pas, nous affermissons la Loi » (Rom., ni, 28-30). La loi mosaïque s'inscrit dans un dessein plus vaste qui va d'Abraham à Jésus, de la promesse messianique à son accomplissement, et du vieil Adam au nouveau. C'est dans une visée Universaliste qu'il faut comprendre les idées pauliniennes de rédemption et de justification par la foi. À la thèse rabbinique de la Résurrection des Justes…, Paul oppose la thèse de la Résurrection Universelle... Il emprunte aux païens l'idée de « mystère » (le mystère du Christ) pour donner une interprétation spirituelle du messie souffrant (Isaïe) et de la Nouvelle Alliance...

CROYANCE ET CONFIANCE

Au terme de notre étude rétrospective sur l'histoire du vocabulaire, nous pouvons procéder à une analyse des concepts. 

Nous avons constaté que « foi » et « croyance religieuse » ne sont pas synonymes. Il convient de revenir sur ce point. L'ambiguïté vient de ce que le verbe « croire » peut s'employer dans deux sens différents. Soit dans un sens déclaratif : « Je crois que…, je tiens pour vraie une certaine déclaration. » Soit dans un sens performatif : « Je vous crois…, je crois en vous…, je crois en Dieu... » Dans ce cas, la parole vaut acte ; elle nous engage dans un lien de confiance à l'égard d'une autre personne. On a là deux idées qui s'emmêlent souvent dans la psychologie courante mais qui sont logiquement distinctes : l'idée de croyance et l'idée de confiance. La croyance peut prendre des formes différentes (opinion, persuasion, idéologie, conviction, etc.). Elle a néanmoins deux caractéristiques générales. D'une part, elle comporte (d'une manière plus ou moins explicite) un jugement : croire, c'est tenir pour vraie une proposition. En cela, on peut se tromper : une croyance peut être vraie ou fausse. 

Cham guide spirituel (France)

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