Dieu Moral Humanisé 

Dieu est le Principe divin par excellence. Le Dieu cosmique. Et, Dieu n'existe pas dans le sens où vous avez pu l'entendre ou l'imaginer. Il n'y a pas de Père Supérieur, de paternité qui chapeaute votre vie et votre destin, qui vous punit ou vous comprend quand vous faites des aberrations. Il y a un Principe, oui, un Principe de Création auquel vous appartenez. Mais Dieu ne prend connaissance que lorsqu'il est éveillé en vous.

Si vous voulez que Dieu existe, si vous voulez que Son existence soit attestée, vous êtes obligés de L'incarner, vous êtes obligé de Le faire vivre, de Le faire parler, de Le faire S'exprimer. Vous êtes obligés de Le voir faire le bien à travers vous. si vos âme s'éteignent dans la nuit ou si vous vous adonnez aux plaisirs et au monde sans perspective, sans destinées spirituelle, et oui, Dieu meurt véritablement.

 Il est inadmissible de se servir constamment de Dieu comme d’argument de justification de tout et n’importe quoi, ce qui amène invariablement à en formuler une image qui n’est que le reflet de nos désirs, et qui conduit tout droit à l’élaboration d’un Dieu moral. Mais le dieu moral a-t-il un rapport réel avec Dieu, dans le sens où nous venons de le voir ? Peut-on, en partant d’une conception morale de Dieu, avoir une compréhension juste de Cela vers quoi reconduit le mystère du déploiement de la Manifestation ? Peut-on , en partant d’un dieu moral, découvrir le sens vrai du Sacré ? La présence au cœur de la subjectivité de la palpitation de la Vie absolue ? Peut-on, alourdi avec une représentation moralisante de Dieu, ne serait-ce qu’approcher le Dieu cosmique?

La Réfutation Du Dieu Moral

Nous avons tellement revêtu Dieu de caractéristiques humaines, que nous avons justifié par lui toutes nos attentes, nos désirs, nos espoirs et nos exigences. A force de bondieuseries simplistes, de ferveur émotionnelle apprêtée, de marchandages en guise de prière, d’hypocrisies bigotes, nous avons fini par tuer  le dieu moral que nous avions proprement inventé pour notre propre complaisance.

Nietzsche tire le sens d’un constat de fait du recul de l’autorité de la religion. C’est la religion qui a fait de Dieu un mortel, en lui prêtant toutes les caractéristiques de l’homme, pour le mettre finalement sur un trône et en faire un Dieu le Père. Substitut névrotiques de nos attentes infantiles dira Freud. C’est de cette manière que l’on produit une croyance biodégradable qui relève du premier genre de connaissance selon Spinoza. Cela n’a rien à voir avec la connaissance du troisième genre, qui part de l’intuition de l’essence. Dieu dans son essence enveloppe l'éternité. Dieu jamais ne meurt et s’il meurt, (Dieu moral) il n’est pas Dieu (Dieu cosmique). Au sein, de l’Être, les existences apparaissent dans le temps, se maintiennent puis disparaissent. Prêter à Dieu une existence temporelle, semblable à l’existence humaine, c’est le considérer comme une chose jetée dans le Devenir. Le fait même de considérer que cette super-chose est une personne se tient au-dessus des nuages pour juger des mortels, cautionner le pouvoir des uns et le malheur des autres, ce n’est que continuer à développer la même erreur. Dieu n’est pas une chose, mais ce par quoi et en quoi les choses existent et se laissent comprendre, il est nécessairement au-delà du personnel, mais aussi au-delà de son contraire, l’impersonnel.

Ainsi se comprend, que Nietzsche lui-même puisse écrire : « La réfutation de Dieu : en réalité il n’y a guère que le dieu moral, qui soit réfuté ». De son propre aveu, « c’est la théologie qui a étouffé Dieu, et la moralité la morale ». La critique de Nietzsche est celle d’un moraliste, elle laisse intacte la question métaphysique du dieu cosmique. S’il faut réfuter le dieu moral, c’est pour que soit libéré le Surhomme, pour que la valeur de la Terre ne soit plus niée au profit d’une exaltation de l’au-delà et de la promesse des arrière mondes. Il faut réfuter le dieu moral, pour que l’Homme nouveau redevienne un créateur de ses propres valeurs.

Les Animistes sont fidèles à la Terre. Et c’est précisément dans l’amour de la Terre qu’ils retrouveront le sens du Sacré. Ce qui irrite Nietzsche, ce sont les relents pestilentiels de cette morale religieuse qui a détrôné les valeurs de la Vie pour les remplacer par des valeurs de mort. La morale religieuse est « une idiosyncrasie de décadents guidés par l’intention de se venger de la vie, intention d’ailleurs couronnées de succès ». Jusque dans sa folie Nietzsche appelle le retour de Dionysos. Nietzsche se moquera de ceux qui ne comprennent pas la portée de l’avènement du Surhomme, de ces athées de pacotille, soi-disant nietzschéens, qui « renversent des images, et disent : il n’y a rien de saint qui soit digne d’être adoré comme un dieu ». Mais la Vie est sainte et sacrée. L’invocation de Dionysos est l’humilité et la piété devant la manifestation du divin. Ainsi, de l’auteur que l’on croyait l’ennemi le plus féroce de la religion, on peut découvrir qu’en réalité qu’il était en un sens un esprit religieux.

L'Esprit Religieux

Ainsi, l’esprit religieux est radicalement différent de l’esprit de la croyance à une religion. L’esprit religieux est psychologiquement affranchi de la culture de la société . Un esprit profondément religieux vit dans le sentiment de la présence du Sacré. Il n’a pas besoin ni du recours à la croyance, ni du recours à l’expérience mystique. Or tel n’est pas l’origine du concept de Dieu.

L’homme, au fil de ses croyances, a créé au cours des siècle un concept auquel il a donné le nom de Dieu. La croyance en ce concept lui est devenue nécessaire face à ce constat que la vie est faire de souffrance, d’une infinité de luttes, de conflits, de tourments, avec une étincelle occasionnelle de lumière, de beauté et de joie. En effet, cette croyance à un concept, une formule, à une idée, lui est devenue nécessaire, parce que la vie est si dépourvue de sens », que l’homme ait besoin de lui en donner un et ainsi l’idée de Dieu est communément un concept par projection. Bien sûr, aux origines des religions il y a toujours un être humain qui a eu un contact avec le Sacré.  

La compréhension même du temps psychologique engendré par la pensée. Pour faire l’expérience de ce qui est au-delà du temps, pour le réaliser, il nous faut évidemment comprendre le processus du temps. L’esprit est le résultat du temps, il est basé sur les échos d’hier. Est-il possible d’être libéré de cette multiplicité d’hier qui n’est autre que le processus du temps ? C’est sans conteste un problème très sérieux, et il ne s’agit pas ici de croire ou ne pas croire. La croyance et le refus de croire relèvent tous deux de l’ignorance, alors que le fait de comprendre la nature temporelle de la pensée nous apporte la liberté qui seule rend la découverte possible. Mais en général nous préférons croire, parce que c’est tellement plus commode : cela nous donne un sentiment de sécurité, d’appartenance au groupe. Alors que, bien sûr, cette croyance même n'est facteur de séparation : vous croyez en une chose, et moi en une autre. La croyance n'agit donc pas toujours comme une barrière spirituelle.

L’esprit religieux doit avoir conscience de ce sens perceptif extraordinaire, de cette sensibilité, de cette beauté extraordinaire. L’esprit religieux dont je vous parle est tout à fait différent de l’esprit religieux qui anime les tenant d’une orthodoxie, d’un intégrisme religieux. L’esprit religieux de tout intégriste est aveugle à la beauté; le tenant de l’orthodoxie n’a pas du tout conscience de l’univers dans lequel il vit, de la beauté de l’univers, de la beauté de la terre, de la beauté de la colline, d’un arbre, du sourire qui éclaire un visage harmonieux. Malheureusement, Pour lui la beauté n’est que tentation; pour lui, la beauté, c’est la femme qu’il doit éviter à tout prix pour trouver Dieu. Un tel esprit n’est pas religieux, parce qu’il n’est pas sensible au monde qui l’entoure à sa beauté, à sa laideur. On ne peut pas être sensible exclusivement à la beauté. Il faut aussi être sensible à la misère, à la maladie, aux failles de l’esprit humain. La sensibilité suppose une approche globale, qui n’ait pas d’orientation unique et exclusive.

Dès lors, il devient aisé de comprendre que cela que l’on a défiguré de toutes les façons dans le concept de Dieu, n’est rien d’autre que la Vie elle-même. La
Vie est Dieu manifesté dans une myriade de formes. L’Absolu est l’Identité à soi qui est à la source de la Manifestation, le relatif, le champ du perpétuel changement. Dieu est un concept qui désigne la puissance qui, ne cessant de cohérer avec Soi, crée, soutient, et résorbe toute manifestation relative. Paradoxe des paradoxes, l’ultime réalité, l’Englobant, tient ensemble les contraires: le toujours de l’éternité de l’absolu, et le changement du toujours changeant du relatif. L’Englobant est aux limites de ce que la pensée peut appréhender, car l’intellect ne peut comprendre que l’absolu et le relatif ne sont en définitive qu’une seule et même chose.

Théologie de l’Harmonie


La religion animiste a son propre discours sur Dieu et ce discours est la cristallisation de ses récits mythiques les plus anciens, depuis l'Egypte antique. Dans sa nature même, elle n'a pas tendance à figurer Dieu sous une forme qui est le décalque des aspirations humaines. Elle distingue le concept de Dieu cosmique (créateur) et le Culte des Ancêtres, le creuset spirituel des aspirations humaines.
Elle ne fait croire à personne, qu’elle a le monopole de la vérité pour ce qui est de la nature de Dieu et de sa relation avec l’homme. Elle a moins de dogmatique et basée sur une théologie de l’harmonie

Nous avons vu que la question de Dieu n’est pas du seul ressort de la religion. La religion aborde la question de Dieu par le biais du mythe, de l’argument d’autorité, d’une révélation, par suite de la croyance en une doctrine et finalement une dogmatique. Mais la question de Dieu est d’abord une question métaphysique. Il est parfaitement possible de conduire un examen sérieux de la question de la nature de Dieu en dehors de toute adhésion de croyance ou d’incroyance. Il est à ce titre important de dissocier la polémique contre la religion, la critique du dieu moral et moralisant, de la réflexion sur Dieu, le dieu cosmique, ce qui est tout à fait autre chose au concept animique.

Voici un sujet  très récurrent sur le site web, j'attends vos observations...

En savoir plus:

La résurrection de la croyance animiste  Le concept de religion  La philosophie primaire  Mariage et tradition animique


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