Recevoir l'Énergie, la Rendre à l'Univers

 

Á la fin, cette lumière que vous êtes, cet être s’éteint et làoù allez-vous ? 

Tant qu'il vit, l'homme possède un ka, sorte d'ardente braise d'énergie cosmique. Mais que se passe-t-il au moment de la mort ?  C'est l'interrogation majeure. Au bout de la route de l'homme, la mort l'attend, parfaitement masquée, menaçante, inflexible. Chacun y passe.  Alors, pourquoi perdre sa peine?  Telle est souvent la réaction de profane. Quand le mort est en terre, la raison élimine tout avenir pour lui. « La mort, dit le profane, ce n'est pas un problème. » Voici ce qu'à peu près l'Animiste répondrait : « C'est un problème. Pourtant il disparaît parce que vous croyez que la raison critique est toute la pensée. Votre outil est mauvais. » Avec une cuillère, on recueille un liquide, mais non point une flamme; et le profane, grand raisonneur, n'a pour lui qu'une cuillère; il l'abat sur la flamme; elle s'éteint aussitôt, car la Mort n'aime pas la légèreté des profanes. Elle aime la consistance des paysans, les peuples proches de la terre, surtout l'antique Égypte. Et voici son message. Quand l'homme ne respire plus, ne se meut plus, ne parle plus, quand il est sans conscience, quelque chose a changé. Qu'est-elle au juste, cette métamorphose ? On a souvent pesé un homme avant sa mort, et un instant après. Son poids n'a pas varié. La balance est égale. Conséquence première : l'inventaire physique étant resté le même, la vie évanouie est un impondérable. Le cerveau n'émet plus les ondes de l'esprit, le corps s'est refroidi. Où s'en va l'énergie ?Animiste comme Osiriste sait que l'homme est chargé de la force divine. Un ka l'a allumé; et ce ka immortel qui l'abandonne ensuite il ne peut que se fondre en l'immense creuset de l'énergie universelle. Vivant, l'homme participe; et mort, il communie. Les Textes des Pyramides conçoivent nettement ce changement qualitatif du composé humain : « Le Corps est pour la Terre, l'Esprit est pour le Ciel.»Ce qu'on nomme la mort, est une modification de l'harmonie vitale. De fait, la mort n'existe pas. Mourir, c'est retourner au ka du Monde; en égyptien, mourir, c'est « passer à son ka », c'est vivre en se mêlant à l'énergie cosmique. Lisez  Les formes de l’illusion. Voici décrit avec sérénité, sur un ton de refrain, le retour du défunt à la source première. Le Cosmos le reçoit; et, poétiquement, la déesse du Ciel, Nout, couverte d'étoiles, le sauve pour toujours des misères humaines :(Le défunt) est parti pour aller vers son ka !...  (oui), parti vers son ka ! (Défunt), tu es parti pour (poursuivre) ta vie, (non), tu n'es point parti pour (rencontrer) la mort. Tu es parti, et ton esprit sera le Prince des Esprits!... (Le voici donc), celui qui vient! Tu ne seras (jamais plongé) dans l'indigence. Ta mère vient vers toi : tu ne seras (jamais plongé) dans l'indigence. Nout vient vers toi : tu ne seras (jamais plongé) dans l'indigence. Si la mort de chacun est un événement qui remue le Ciel, que dire alors de celle du Roi ? Pharaon est chargé, au suprême degré, d'énergie cosmique; son être est une brûlante convergence des puissances divines. Pour faire comprendre ce mystère, l'Égypte dit communément : le roi est « dieu » sur terre. Le destin de ce dieu, quand il passe à son ka, est le thème majeur des Textes des Pyramides.

La Mort du Roi Pharaon 


Elle suscite véritablement une fièvre cosmique, comme si un soleil, lancé au firmament, l'embrasait tout entier. La terre est ébranlée ; les étoiles servent de guides à l'incandescente trajectoire royale. Le roi survole, à tire-d'aile, le pays des élus nommé Champ des Offrandes ; enfin surgit son trône, un siège éblouissant pour un règne éternel : Le ciel gronde. Le sol tremble... (Voici le roi qui) monte au ciel. Naviguant au-delà de la voûte (céleste)..., (le roi) s'élève au ciel.
L'extrémité de ses deux ailes, pareilles à (celles d')un grand oiseau..., élève aux deux (le roi) parmi les Astres éternels. (L'Étoile) Sinus, elle est la sœur (du roi), l'Étoile du Matin, elle guide (le roi); et toutes deux ont pris son bras (pour partir avec lui) vers le Champ des Offrandes. La Résurrection de l'âme. Sur ce trône splendide, il (va) siéger (enfin), (ce trône) dont les bras portent comme ornements des têtes [de lions, (ce trône) dont les pieds sont les (quatre) sabots du grand [Taureau (céleste)].(Voilà le roi) dressé sur son trône sublime..., ses sceptres en sa main... Viennent à lui les Dieux qui inclinés... proclament : « Un Prince, il l'est, de tous les Princes ! » Ainsi fut-il reçu dans (la troupe) des Dieux. Un souffle formidable passe encore sur ce texte de l'ascension royale. Poésie de l'immense, où rien n'est impossible : le Ciel a une voix, les étoiles des mains, et Pharaon des ailes. On a franchi d'un coup les limites des choses. Tout était lourd et misérable; à présent, tout est possible et VRAI, tout se métamorphose. Qu'est-ce, une pyramide? Un grand tombeau de pierre ? Le tertre primordial ? Ou l'éventail triangulaire de rayons crépusculaires ? Ce qu'on voudra, tout à la fois. Chaque gradin ressemble à une marche d'escalier pour atteindre le Ciel. La pyramide est Escalier. Au jour des funérailles, les prêtres assemblés brûlent l'encens royal dont la fumée élève une âme vers le Ciel, et, la fumée est Escalier. Qu'est devenu le roi? Une momie, si l'on veut; un oiseau vigoureux, une oie, si l'on veut; ou un nouveau soleil qui désire approcher du bateau du Soleil en personne, et ramer avec lui. Voici, sur l'ascension du roi, un second document qui atteint les sommets de la ferveur humaine :— Un escalier, (haut) dans le ciel, sera construit pour (Pharaon); (et) qu'il (y) monte, sur ses (marches), jusqu'au (sommet du) firmament ! Le Triomphe sur la mort !!!(Oui), sur (l'encens qui) fume, il monte, (monte sur les vapeurs) du grand encensement. Comme une oie, il s'envole, (et parvenu au Ciel), comme un jeune soleil, il vient s'y reposer, sur le trône, ô Soleil, vide (encore) en la barque. Rame (le roi) au Ciel, Soleil, dans ton bateau ! La pyramide est escalier, et l'escalier devient fumée. Tout s'en va vers le rêve. Le sens commun se trompe en croyant qu'un tombeau n'est qu'un amas de pierres. De môme pour la vie humaine. Le sens commun se trompe en croyant que la mort est la fin de la vie. La mort n'est pas la fin. Tout s'en va vers le rêve, ce qui veut dire vers la vérité lointaine. Chacun passe à son ka
.

Naître et Mourir Recevoir l'Énergie la Rendre à l'Univers

Le vivant participe en détenant sa part de la force cosmique ; et le mort communie en retournant à l'océan où tourbillonne l'énergie. Si l'homme veut connaître, déjà en cette vie, la force universelle de manière directe il devra s'initier, c'est-à-dire recevoir le trésor d'expérience des Écoles de Mystères, attestées seulement à une époque tardive, mais présentes encore dans le monde moderne. Tel est l'enseignement que professe la culture Animiste de la pensée d’Égypte Antique. Une grande leçon ; non point une agréable fable, mais une intuition intégrant l'homme à l'Univers. L'homme mort ramera dans la barque solaire; il verra la lumière. S'il en doute, qu'il songe au miracle premier : le chaos n'eut-il pas un éblouissement quand le Phénix en flamme prit son vol sur l'abîme ?L'homme aussi, dans la tombe, connaîtra la clarté du ka universel. Voici ce qu'en disait un prêtre égyptien, nommé Victor Hugo (La Légende des Siècles, Sultan Mourad) : Quand il fut là, gisant et couché sous la pierre…il vit une lumière ; sans qu'on pût distinguer l'astre ni le flambeau ! Un éblouissement remplissait son tombeau ; Une aube s'y levait, prodigieuse et douce ; Et sa prunelle éteinte eut l'étrange secousse ; D'une porte de jour qui s'ouvre dans la nuit.
 

Belles Fleurs du Nil

Gloire à Dieu Amon-Râ

Dieu a créé l'humanité; mais, dans l'humanité, chaque individu est appelé à  se créer lui-même comme être moral et par conséquent immortel. 

(Cham)

Les morts ne meurent jamais   Immortalité  Quand la mort offre la vie  Le Culte des Morts  la résurrection de la croyance animiste  La philosophie primaire

Retour début de la page  

Le retour à la page  Sommaire

 





 

Envoyez un courrier électronique à  eglise.animiste@wanadoo.fr  Pour toute question ou remarque concernant ce Site Web.  Copyright © 2014