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Les Jardins Autour de Temples

Le but du jardin n’a jamais été une exaltation de la nature mais la création d’une zone de protection contre un environnement habité et instable. De ce fait, alors que la nature sauvage se caractérise par la luxuriance et l’anarchie, le jardin exprime au contraire l’ordre et la propreté. La nature y est maîtrisée grâce à un entretien méticuleux. L’agencement des éléments répond à un ordre précis. De la même manière qu’au théâtre un objet évoque un lieu, un élément du jardin évoque une partie de la nature. Le sens des éléments constitutifs est également parfaitement codifié. La cascade, la montagne et l’extrémité de l’île représentent par exemple le point fort du jardin car elles accrochent le regard et symbolisent le contact avec le divin. Il existe de nombreux types de jardins suivant les matériaux utilisés, les significations et les usages. Parmi les plus connus figurent le jardin zen, jardin de sable et de pierre destiné à la méditation, et le jardin de la cérémonie du thé où se déroule la préparation traditionnelle de cette boisson. De plus, les temples se sont attachés à conserver les espaces avoisinant ces jardins à l’état boisé. Cela permet la contemplation de l’omniprésence de la nature depuis l’enceinte même du temple. L’ensemble des bâtiments et des jardins doit se fondre dans l’environnement naturel comme étant une partie de celui-ci. La continuité entre les jardins et la forêt alentour est saisissante. L’idée de l’homme en équilibre avec la nature, principe animiste, est encore ici largement exprimée. Notons que ces espaces, appartenant ou non au temple, publics ou bien privés, sont aujourd’hui pour la plupart protégés par les collectivités. En effet, les parcs et jardins des temples ont aujourd’hui un rôle primordial dans les structures urbaines. Ils sont la plupart du temps les derniers espaces verts des villes et constituent un véritable trésor vert au milieu de zones urbanisées.

Gestion forestière et pratique religieuse
La nature dans les temples ne se réduit pas à des espaces esthétiques entretenus permettant la méditation. Historiquement, les temples étaient aussi entourés de forêts que les religieux géraient et exploitaient. Même si aujourd’hui les propriétés religieuses sont réduites à cause de l’urbanisation, certaines traditions persistent.

La forêt, fournisseur de matériaux sacrés
Comme dans de nombreuses religions, certaines plantes ont dans les temples une signification particulière. Les cérémonies religieuses mettent fréquemment en scène l’utilisation de ces plantes, censées abriter les esprits régissant les choses de la nature et de l’espace. La plus courante de ces espèces est le Sakaki (Cleyra japonica) dont les rameaux feuillus servent d’offrandes aux dieux. Cette essence est ainsi largement plantée et récoltée par les prêtres dans la forêt environnante.
Dans un pays où la plantation de résineux occupe une large part de l’espace forestier, ce sont des vestiges de la forêt naturelle qu’il convient de protéger. Actuellement, ce mode d’exploitation des petits bois ne se fait plus ou très exceptionnellement. Seuls les prêtres continuent d’effectuer quelques récoltes pour les feux des cérémonies religieuses.
La forêt des temples reste surtout sollicitée dans les opérations de restauration et de constructions des bâtiments religieux. Certaines activités traditionnelles persistent dans les temples et représentent des marchés relativement importants.
Ces opérations sont réalisées à la main, le plus souvent par des employés du temple. Ceux-ci grimpent le long des troncs et, progressivement, décollent l’écorce, mettant à nu des troncs lisses et rouges. Les écorces sont ensuite coupées en lamelles et stockées. Les plaquettes obtenues sont disposées sur la charpente, maintenues à l’aide de clous de bambou, jusqu’à former une couche épaisse de près d’un mètre. Les écorces de sont également exploitées et utilisées pour l’isolation des toits constitués de tuiles de céramique. Les temples peuvent utiliser leur récolte pour leur propre compte ou la vendre à d’autres institutions qui ne disposent ni du capital forestier, ni du personnel suffisant pour une telle activité. L’exploitation de la forêt produit également du bois d’œuvre. Le bois est omniprésent dans le mode de construction traditionnel.

La forêt, au centre de rites religieux séculaires
De nombreuses traditions et rites séculaires entourent l’exploitation de la forêt et la construction des bâtiments religieux. Les plus célèbres se déroulent à Ise, où se situe le plus vieux temple shintoïste du Japon, fondé il y a 2000 ans. Il est aujourd’hui le site shintoïste principal. Le temple est implanté au milieu de collines couvertes par 5 500 ha de forêts, considérées comme divines, soit un tiers environ de la surface de la commune. Les deux sanctuaires principaux sont entourés d’une zone de forêts naturelles, intacte depuis l’édification du temple. Le reste de la forêt, soit 5 320 ha, a toujours été exploité en vue de fournir, depuis le Moyen Âge, du bois d’œuvre pour la reconstruction rituelle des bâtiments des sanctuaires. Ils sont entièrement construits avec des matériaux naturels et non traités, ce qui symbolise l’association de la nature et de l’architecture. Le bois, considéré comme sacré et habité par les dieux, est préférentiellement choisi. Il provient en général d’arbres multiple-centenaires, issus des forêts aux alentours du village. Cette Elle nécessite la succession de nombreuses cérémonies sur une dizaine d’années. Les prêtres s’assurent la bienveillance des ancêtres pour les différentes étapes de la construction. Ces rituels garantissent aussi la sacralité des bâtiments : les esprits divins, habitant l’arbre abattu, sont invités à suivre le matériau et à s’installer dans le temple construit.La symbolique de ce rituel est très forte pour les animistes. Le temple reconstruit n’est pas une réplique de l’ancien. Bien au contraire, il s’agit d’une renaissance qui s’inscrit dans les cycles naturels de renouvellement, honorés dans l'animisme. Le sanctuaire meurt et renaît tous les vingt ans, ce qui est considéré comme la durée moyenne des cycles de vie dans la nature. Ce renouvellement perpétuel permet par ailleurs une pérennité des traditions et des valeurs animistes.

Conclusion
La relation entre l'animisme et la nature et plus particulièrement la forêt revêt des aspects divers : méditatifs, symboliques, idéologiques ou de façon, plus étonnante économiques. L’espace naturel ne constitue pas une attraction en soi pour les animistes. Cette vision très particulière, issue en partie des religions, a certainement «freiné» l’émergence de mouvements écologiques plus politiques que métaphysiques. La défense de l’environnement demeure aujourd’hui marginale dans le débat politique national. Pourtant, dans ce pays où la nature au sens large est la demeure des divinités, c’est tout naturellement que les religieux considèrent comme légitime de se faire les ambassadeurs de l’écologie.

Le temple animiste adopte des pratiques se réclamant d’une certaine éthique environnementale. Ainsi, une bonne connaissance est nécessaire afin d’éviter l’écueil de la simplification ou de la caricature. Sans prétendre être parvenu à expliquer précisément le concept animisme de l’arbre et de la forêt, ce travail a tenté d’apporter quelques éclaircissements sur celui-ci. L'animisme de notre temps nous rappelle aussi qu’à l’heure de la globalisation des problématiques environnementales, les représentations de la nature et des ressources naturelles varient selon les cultures et que les programmes mondiaux de conservation ne doivent pas ignorer leur diversité. Environnement, culture et société conservation du patrimoine, les bois locaux sont majoritairement utilisés pour les bâtiments religieux, l’utilisation des bois de qualité étant limitée à la construction des habitations personnelles des prêtres. Les activités forestières traditionnelles, comme l’exploitation des écorces, sont maintenues dans la mesure du possible. Ainsi, même si la production intérieure tend à se réduire face à la masse considérable de bois sacrés, les temples participent à un certain maintien du marché local du bois et à l’exploitation des forêts du pays.

Pour en savoir plus
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