EBOLA. Des Chauves-souris Réservoir du Virus

Des Chauves-souris tropicales comme réservoir naturel du virus Ebola. Tel est le résultat récemment obtenu par les chercheurs de l’équipe d’Eric Leroy de l’UR178. Conditions et territoires d’émergence des maladies, en collaboration avec le Centre International de Recherche Médicales de Franceville (CIRMF, Gabon) et publié dans la revue Nature1 

Depuis 1976, 14 épidémies de fièvre hémorragique dues au  virus Ebola (famille des Ff/OMndae) se sont succédé en Afrique, provoquant environ 1 850 cas dont 1 300 mortels. Or si l'on savait que le virus se transmet des grands singes vers l'homme, on ne connaissait encore ni le réservoir naturel du virus ni son mode de transmission aux primates. À partir d'études réalisées entre 2001 et 2003 dans la région frontalière du Gabon et de la république du Congo, les chercheurs de l'IRD et du CIRMF ont détecté des anticorps spécifiques d'un sous-type du virus ainsi que des fragments du génome du même sous-type viral dans le sérum et les organes de trois espèces de chauves-souris : Hypsignasthu, monstrosus, Epomops franqueti et Myonycteris torquata. Celles-ci sont porteuses du virus Ebola sans être malades, ce qui les désigne comme réservoirs naturels potentiels du virus.

Des observations épidémiologiques ont par ailleurs montré que le pic de mortalité chez les grands singes se situerait à la saison sèche, lorsque les ressources alimentaires s'appauvrissent considérablement. À cette période, chauves-souris et primates entreraient en compétition pour se nourrir, ce qui occasionnerait des rapprochements et des contacts plus fréquents. Ces résultats constituent un élément essentiel dans la compréhension du cycle du virus Ebola dans son milieu naturel.

Ils apportent un éclairage nouveau sur la nature épisodique des épidémies chez les primates et chez l'homme et peuvent être déterminants à l'avenir dans la prévention des épidémies humaines du virus Ebola. Une meilleure connaissance de la répartition écologique des espèces de chauves-souris pourrait permettre de développer des stratégies préventives afin de protéger les primates du virus Ebola. Des programmes de sensibilisation et un apport de nourriture nécessaire aux besoins des villages isolés pendant la saison sèche contribueraient également à empêcher une éventuelle transmission du virus Ebola de la chauve-souris à l'homme.

Ebola. de la Faune Sauvage aux Chiens Domestiques  

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1. Nature, Vol. 438 n° 7068, pp. 575-576, 1er décembre 2005. Contact Eric Leroy Eric.Leroy@ird.fr

 

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