|
LE
GOSPEL : LA FOI Á L'HOMME ET EN DIEU.
Jackson Mahalia
Chanteuse de gospel noire américaine, née à la Nouvelle-Orléans,
Louisiane, en 1911 et décédée à Evergreen Park, Illinois, en 1972.
Elle quitte la Nouvelle-Orléans en 1927 pour s'installer à Chicago où
elle travaille dans un institut de beauté. Elle fait partie du chœur
de son église, The Greater Salem Baptist Church Choir, et se
joint épisodiquement aux Johnson Gospel Singers. Dans les années
1930, Mahalia Jackson est déjà une chanteuse connue lorsqu'elle
enregistre ses premiers disques. Ayant grandi dans la religion baptiste,
dont elle a conservé toutes les exigences, elle refuse d'entrer dans
l'orchestre de Earl Hines,
lorsque le célèbre pianiste le lui propose, pour se consacrer
exclusivement à la musique religieuse, remplaçant en tournée Sallie
Martin aux côtés de Thomas
Andrew Dorsey.
|
Mahalia
Jakson. La " reine du gospel "
© http://landrieu.senate.gov/
|
Timbre
postal représentant les plus belles voix du gospel.
© wsp.krakow
|
Après la Seconde Guerre mondiale, elle connaît un immense
succès et certains de ses enregistrements se vendent à plus d'un
million d'exemplaires (Move on up a Little Higher, 1946 ; In the
Upper Room, 1947). Celle qu'on surnomme la " reine du gospel
" fait en 1952 une tournée en Europe, première visite depuis 1873
(les Fisk Jubilee Singers)
d'un artiste se consacrant exclusivement à la musique sacrée afro-américaine.
Son contrat avec la maison de disques Columbia lui donne une dimension
de concertiste internationale adulée des foules. Sa carrière culmine
au festival de jazz de Newport (1958) et elle accepte de participer à
l'enregistrement historique de Black, Brown and Beige (1958) avec
l'orchestre de Duke Elligton,
son unique collaboration avec un musicien de jazz. |
Le gospel est un chant religieux populaire interprété
par les Afro-américains lors de la célébration des offices. Le terme
gospel vient d’une expression de l’ancien anglais godspell,
signifiant "évangile". il est également une abréviation
de l'expression gospel song. De force animique (âme).
La musique religieuse constitue une source d’inspiration fondamentale
et essentielle des descendants des populations africaines déportées
vers les Etats unis entre le 17ième et le 19ième siècle. L'adoption
du christianisme par les esclaves animistes, s'est traduite par la
création d’une tradition musicale propre aux communautés noires.
Cette tradition et ce style sont nés de l'adaptation et de la ré-interprétation
des cantiques protestants blancs par les Africains déportés. |
|
Le compositeur et
pianiste Thomas A. Dorsey, considéré comme “le père du negro
spiritual
© http://www.loc.gov/ bicentennial/music. |
Le gospel (évangile) est donc un chant
d'inspiration religieuse animisme et chrétienne. Il s'est développé
en même temps que le jazz et le blues primitif. La musique d'évangile,
qui était une musique de recueillement, chantée à l’origine sur un
ton plus émotionnel, s’est transformée au sein des églises noires
en chants de célébration, de joie, d’exhortation et de communion
entre le prédicateur (le pasteur) et sa congrégation. Le gospel a gardé
le lyrisme de l'évangile qui appelle souvent à l'obéissance à Dieu
et au refus du péché pour obtenir le royaume du ciel en récompense,
de l'immortalité. Mais le gospel est surtout un chant de célébration
de la foi et de l'amour de soi-même et de Dieu. C’est chant qui
repose sur les voix d’une chorale, entonné à l'unisson ou mené par
un chanteur principal. Les chansons sont exécutées avec un
enthousiasme fervent et une énergie insufflée par l'inspiration
spirituelle. Elles laissent une grande place à l’improvisation et aux
vocalises en solo.
|
Origines.
Les chants du gospel sont issus de la branche protestante réformée,
essentiellement méthodiste et baptiste. Ils étaient d'abord connus
sous l'appellation générique de negro
spirituals pendant la période de l'esclavage, et se sont
transformés au cours de l'histoire en gospel songs. La
distinction entre les deux styles s'est opérée progressivement, sur le
fond et dans la forme, bien que les deux genres traduisent la même réalité
: le vécu spirituel des Afro-américains.
Le negro spiritual est né durant la période de l’esclavage et
trouve ses origines dans une société à dominante rurale. Reprenant le
plus souvent des thèmes de l'Ancien Testament, il manifeste
l'identification du peuple noir au peuple juif, dont la sortie d'Égypte
symbolise sa propre libération de l'esclavage. Culture Judéo-Egyptienne.
Empruntés aux recueils méthodistes ou aux œuvres d'anonymes, les
chants du negro spiritual sont peu variés, chantés à cappella
ou, plus rarement, avec un accompagnement au piano, à l'harmonium ou à
l'orgue. Le negro spiritual s'inscrit dans la liturgie religieuse
comme un moment de communion. La
FOI à l'Homme et en DIEU. |
Orchestre
de Negro spirituals. Début du 20ième siècle.
|
Liz
Mac Comb a repris le flambeaux des grandes chanteuses de gospel. |
Le spirituel et le temporel n'étant jamais complètement
séparés dans les sociétés africaines, les Afro-Américains n'ont pas
distingué les deux domaines. Chants de travail (work songs) et
de fêtes d'esclaves plus ou moins clandestines se sont toujours mêlés,
se nourrissant mutuellement. Le ring shout, danse en cercle clôturant
les cérémonies religieuses au 19ième siècle, traduit cette mixité.
En 1871, le spiritual devient une activité de concert avec les Fisk
Jubilee Singers. Leurs tournées feront école dans tous les
États-Unis.
Le gospel song apparaît au début du 20ième siècle dans une
société noire vivant en milieu urbain, et en quête de solutions pour
surmonter collectivement les difficultés de son déracinement. Les thèmes
du gospel song se réfèrent au Nouveau Testament, à la vie de Jésus
et des Apôtres. Les chants deviennent œuvres d'auteurs qui en tirent
gloire, pouvoir et profits. Ils empruntent certaines ressources aux
musiques profanes comme le blues et le jazz: rythme, instruments à
percussion (batterie), mais aussi cuivres puis guitares électrifiées.
Le gospel song se sécularise rapidement et s'adapte aux
exigences commerciales dans un monde où le phonogramme devient outil de
diffusion.
|
| De l’église à la
scène. Dans la première moitié du 20ième siècle, on
considérait que le gospel et le negro spiritual s’opposaient
au blues et au jazz, en dépit de la similitude de leurs origines. Ils
étaient rarement chantés dans des cadres et des contextes
non-religieux. Plus tard, lorsque ces quatre courants musicaux
deviendront populaires à l'extérieur de la communauté noire, leurs ténors
respectifs se montreront moins exclusifs et enrichiront leurs styles
d’influences mutuelles. Le lyrisme évangélique est à la base du
jazz dit "d'âme" et de la musique rock des années 50 et 60.
Le compositeur, pianiste et prédicateur Thomas
A. Dorsey, considéré comme “le père du negro
spiritual,” a joué un rôle majeur dans le développement de gospel.
Parmi les plus célèbres ambassadeurs du gospel des années 60 se
trouvent Mahalia Jackson, la Soeur Rosetta
Tharpe, Alex Bradford,
James Cleveland, les Dixie
Hummingbirds et les Cinq Jeunes aveugles du Mississippi. Et
puis il y a ceux qui ont été fortement imprégnés par le gospel et
sont lyrisme religieux, et l’ont fait évoluer vers la soul et le
Rythm and blues, en brassant le profane et le sacré. Parmi eux se
trouvent Aretha Franklin et Ray
Charles. On considère a l’heure actuelle que le gospel a
connu son apothéose entre 1945 et 1965 |
Les
membres de The Dixie Hummingbirds. L’un des plus célèbres black
gospel quartet des années 60. |
Retour début de la page
Le
retour à la page Sommaire
Cliquez
Ici
|