Les Ressources Naturelles

  • La Biodiversité, Clé de la Sécurité Alimentaire.

On sait que la perte de la biodiversité constitue un des obstacles majeurs au développement durable. 

Elle revêt une signification particulière dans le Pacifique, où elle menace véritablement la santé et les modes de subsistance des communautés insulaires.

La sécurité alimentaire repose avant tout sur la biodiversité. Cela est particulièrement vrai pour les petits États insulaires du Pacifique, isolés géographiquement et pauvres en ressources. La sécurité alimentaire dépend, en définitive, de la protection des écosystèmes, des services, savoirs et biens - culturels et naturels - nécessaires à la production et à la transformation de notre alimentation (par exemple nos forêts, récifs, rivières, systèmes agricoles, bois de feu, connaissances de l'élevage, de la pêche, de la conservation alimentaire, de la transformation et de la cuisine).

Comme partout, elle repose sur trois éléments clés : les ressources sauvages, la production agricole et le commerce. Les insulaires dépendaient autrefois essentiellement des deux premiers : produits sauvages des forets, terres, rivières et mers, produits végétaux cultivés et animaux d'élevage. Actuellement, les ressources sauvages consommées par les insulaires se composent d'ignames sauvages, fougères, oiseaux, chauves-souris, goyaves, agrumes, amandes tropicales, légumes feuilles et d'une très grande variété d'animaux d’eau douce et d'eau de mer. Dans la partie est de l'île de Viti Levu (Fidji), les populations mangent ainsi plus de 200 espèces de poissons et plus de 70 de coquillages, crustacés et invertébrés marins. Plus de la moitié des prises est vendue, source de revenus et de nourriture pour une population urbaine croissante.

  •   Un Riche Héritage

La production agricole comprend des tubercules (quatre espèces de taro et cinq d'igname, patate douce, manioc) et des cultures arborées (noix de coco, banane et plantain. fruit de l'arbre à pain, pandanus, châtaigne tahitienne et une grande variété de fruits et de noix.

On trouve d'autres aliments d'origine locale, comme les feuilles de taro et d'hibiscus, la canne à sucre et sa fleur, le maïs et bien d'autres légumes, haricots et légumes à gousse, ainsi que de nombreuses épices et plante à boisson. Sans compter des races locales et sauvages de poulet, canard, cochon, chèvre et vache qui fournissent viande maigre fraîche, œufs et produits laitiers.

Ces aliments locaux nous apportent traditionnellement toutes les protéines, graisses, hydrates de carbone, vitamines, minéraux et autres oligoéléments, fibres et eau nécessaires à une bonne santé. Ils sont pauvres en sel, en sucre et en graisses saturées. Ces plantes et animaux comptent souvent de nombreuses races et variétés. Aux Fidji, par exemple, il existe au moins 100 variétés connues de caro, sept races traditionnelles de vache et cinq de cochon. Sur l'atoll de Kiribati, on compte plus de 200 variétés comestibles de pandanus, la seule plante nutritive de base disponible même pendant les pires sécheresses.

  • Les îles du Pacifique dépendent de plus en plus du commerce et des aliments importés

Cette diversité générique renforce notre  système alimentaire, protégeant les espèces végétales et animales comestibles des maladies et des catastrophes naturelles telles que les ouragans et la sécheresse. Nombre d'entre elles disparaissent ou ont déjà disparu, remplacées par des espèces nouvelles ou importées.

  •   Savoirs Traditionnels

Pourtant, ce qui compte le plus, ce sont peut-être les vastes savoirs de nos diverses cultures, grâce auxquels nous avons appris à cueillir, chasser, pêcher, cultiver et soigner les espèces végétales et animales sauvages et domestiques.

Ces savoirs incluent les croyances, les migrations saisonnières, la manière de conserver et de préparer les aliments, l'allaitement et l'alimentation des bébés, ainsi que la langue et les noms associés aux plantes et animaux qui nous fournissent aliments et boissons, et leurs effets sur notre santé.

Aujourd'hui, les habitants des îles du Pacifique dépendent de plus en plus du commerce et des aliments importés, en partie parce qu'ils vivent dans les villes et que certains aliments locaux sont devenus rares ou trop chers. Ils ne savent plus comment capturer les animaux, cultiver ; ils ne connaissent plus les préparations ou en ont oublié le goût. Malheureusement, vu la faiblesse du pouvoir d'achat et des connaissances nutritionnelles, la plupart des gens consomment des aliments importés, vides d'un point de vue nutritif, trop riches en graisses animales, en sucre et en sel et pauvres en protéines, vitamines, minéraux, fibres et eau. Par conséquent, les populations du Pacifique ont des taux parmi les plus élevés et en forte croissance de diabète, maladies cardiaques, infarctus, obésité, maladies dentaires et cancer.

  • Des Pertes Irréparables

Hélas, de nombreuses ressources alimentaires - animales et végétales - sont à présent menacées. Les forêts de mangrove et les récifs coralliens meurent ou sont détruits. Bien des espèces de poissons que l'on trouvait autrefois couramment se font rares, Nos forêts côtières et intérieures disparaissent et nos terres agricoles se dégradent. Nombre de variétés traditionnelles de caro, de canne à sucre, de riz, d'arbre à pain, de cocotier, de pandanus et d'igname sauvage sont en voie de disparition, à l'instar des arbres fruitiers et médicinaux. Nos races locales de poulet, cochon et chèvre disparaissent également.

Il est tout aussi préoccupant que la génération actuelle ne connaisse que quelques-uns des noms de nos poissons, coquillages, crabes, plantes cultivées ce cultivars sauvages. Ils ne savent ni chasser, pêcher, cultiver, conserver, préparer ou manger nombre de nos aliments traditionnels. Les jeunes paysans qui ignorent les noms de nos arbres fruitiers ou de nos plantes médicinales ne les protègent plus ni ne les plantent.

En résumé en raison de l'ignorance et de la vision à court terme de nos planificateurs nationaux, notre biodiversité disparaît. C'est notre choix. Pourtant, la durabilité de l'exploitation et de la protection de la biodiversiré insulaire et marine est vitale pour la sécurité alimentaire de tous les habitants des îles. 

Par, le Dr. Randy Thaman, professeur en biogéographie des îles du pacifique.à l'Université du sud Pacifique de Suva. E-mai! :  Thaman_@usp.ac.f   ou Naviguer sur le site web : spore.cta.int

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