LA PHILOSOPHIE PRIMAIRE. FOI ET RAISON

La philosophie primaire (primitive), et nous sommes en mesure de ne pas craindre une accusation de folie ou un soupçon de bizarrerie en affirmant que l’Homme par sa simple volonté détient une puissance mystique naturelle. C'est ce que notre modeste travail  sur la philosophie primaire aura pour but de démontrer.
La pierre philosophale, la médecine universelle, la transmutation des métaux, la quadrature du cercle et le secret du mouvement perpétuel ne sont donc ni des mystifications de la science ni des rêves de la folie; ce sont des termes qu'il faut comprendre dans leur véritable sens, et qui expriment tous les différents usages d'un même secret, les différents caractères d'une même opération, qu'on définit d'une manière plus générale en l'appelant seulement le grand oeuvre. Il existe aussi dans la nature une force bien autrement puissante que la vapeur, et au moyen de laquelle un seul homme, qui pourrait s'en emparer et saurait la diriger, bouleverserait et changerait la face du monde. Cette force était connue des anciens elle consiste dans un agent universel dont la loi suprême est l'équilibre et dont la direction tient immédiatement au grand arcane de la mystique transcendante.
Par la direction de cet agent, on peut changer l'ordre même des saisons, produire dans la nuit les phénomènes du jour, correspondre en un instant d'une extrémité à  l'autre de la terre, voir, comme Apollonius, ce qui se passe à  l'autre bout du monde, guérir ou frapper à  distance, donner à  la parole un succès et un retentissement universels. Cet agent, qui se révèle à  peine sous les tâtonnements des disciples de Mesmer, est précisément ce que les adeptes du moyen âge appelaient la matière première du grand œuvre. Sous entendu l’œuvre de Dieu Amon-Râ.

Les gnostiques en faisaient le corps de l’Esprit animique, et c'était lui qu'on adorait dans les rites secrets du sabbat ou du temple, sous la figure hiéroglyphique de Baphomet ou du bouc Androgyne de Mendés.

Tout cela sera démontré. Tels sont les secrets de la philosophie primaire, telle nous apparaît la mystique dans l'histoire; voyons-la maintenant dans les livres et dans les œuvres, dans les initiations et dans les rites. La clef de toutes les allégories magiques se trouve dans les feuillets que nous avons signalés, et que nous croyons l'ouvrage d'Hermès.

Autour de ce livre, qu'on peut appeler la clef de voûte de tout l'édifice des sciences primaires qui viennent se ranger d'innombrables légendes qui en sont ou la traduction partielle ou le commentaire sans cesse renouvelé sous mille formes différentes. Parfois ces fables ingénieuses se groupent harmonieusement et forment une grande épopée qui caractérise une époque, sans que la foule puisse expliquer comment ni pourquoi.
C'est ainsi que l'histoire fabuleuse de la Toison D’Or résume, en les voilant, les dogmes hermétiques et mystère d'Orphée, et si nous remontons seulement aux poésies mystérieuses de la Grèce, c'est que les sanctuaires de l'Égypte et de l'Inde nous épouvantent en quelque sorte de leur luxe, et nous laissent embarrassés pour le choix au milieu de tant de richesses; puis il nous tarde d'arriver à  la Thébaïde, cette effrayante synthèse de tout le dogme présent, passé et futur, cette fable pour ainsi dire émouvant, qui touche, comme le dieu d'Orphée, aux deux extrémités du cycle de la vie humaine. Chose étrange: les sept portes de Thèbes, défendues et attaquées par sept chefs qui ont juré sur le sang des victimes, ont le même sens que les sept sceaux du livre sacré expliqué par sept génies, et attaqué par un monstre à  sept têtes après avoir été ouvert par un agneau vivant et immolé dans le livre allégorique de
 IMHOTEP début de la Ille dynastie!

L'idéal humain peut donc suivre deux voies opposées ou devancer la science par l'intuition, qu'elle doit justifier plus tard ou s'écarter de la science, par l'hallucination qu'elle condamne. Les amis du désordre, les âmes captives de l'égoïsme brutal, craignant le joug de la science et la discipline de la raison, prennent toujours l'hallucination pour guide.

Le Paganisme a eu ses faux mystiques, et c'est ainsi que le dogme philosophique des anciens hellènes s'est changé en idolâtrie, le Christianisme a été aussi entraîné à  son tour de la même plaie, et un ascétisme inhumain, entraînant après lui comme réaction le quiétisme le plus immoral, a fait calomnier la piété véritable et a éloigné bien des âmes des pratiques de la religion; un des plus remarquables fantaisistes des siècles écoulés; le paradoxal P.J. Proudhon, ayant un jour à  contrarier M. de Lamartine qui était alors au pouvoir, lança contre les poètes, une de ces cyniques et éloquentes diatribes qu'il sait si bien faire. 

Nous n'avons pas sous les yeux cette page emportée comme tant d'autres par le tourbillon révolutionnaire, mais nous nous rappelons avec quelle verve le trop célèbre rêveur déclamait contre la poésie et contre les rêves il était effrayant de vérité lorsqu'il représentait l'État chancelant et dévoyé, prêt à  trébucher dans le sang à  la suite de quelque joueur de guitare que l'extase de sa propre musique empêchera d'entendre les imprécations, les sanglots et les râles: « Voilà, s'écriait-il, ce que c'est que le gouvernement des poètes! »

Puis, s'échauffant pour son idée, comme c'est l'ordinaire, il arrivait à  conclure que Néron était l'incarnation la plus complète de la poésie élevée sur le trône du monde. Brûler Rome aux sons de la lyre et dramatiser ainsi la grande poésie de Virgile, n'était-ce pas une colossale et impériale et poétique fantaisie ? Á la ville des Césars qu'il sacrifiait ainsi comme un décor à  la mise en scène de ses vers, Néron voulait substituer une Rome nouvelle, toute dorée et construite d'un seul palais. Oh si la grandeur de l'audace et la témérité des rêves font le sublime en poésie, Néron était, en effet, un grand poète! Mais ce n'est ni M. Proudhon, ni aucun des chefs du socialisme moderne, qui ont le droit de l'en blâmer.

Néron représentait pour eux la personnification la plus complète de l'idéalisme sans autorité et de la licence du pouvoir: c'est l'anarchie de M. Proudhon résumée en un seul homme et placée sur le trône de l'univers; c'est l'absolu des matérialistes en voluptés, en audace, en énergie et en puissance. Jamais nature plus désordonnée n'effraya le monde de ses écarts; et voilà  ce que les révolutionnaires de l'école de M. Proudhon entendent par de la poésie; mais nous ne pensons pas comme eux, être poète, c'est créer; ce n'est pas rêver ni mentir. Dieu a été poète lorsqu'il a fait le monde, et son immortelle épopée est écrite avec des étoiles. Les sciences ont reçu de lui les secrets de la poésie, parce que les clefs de l'harmonie ont été remises entre leurs mains. Les nombres sont poètes, car ils chantent avec ces notes toujours justes, qui donnaient des ravissements au génie de Pythagore.

Toutefois, la poésie qui n'accepte pas le monde tel que Dieu l'a fait, et qui cherche à  en inventer un autre, n'est que le délire des esprits des ténèbres c'est celle-là  qui aime le mystère et qui nie les progrès de l'intelligence humaine. Á celle-là  donc les enchantements de l'ignorance et les faux miracles de la théurgie. Á celle-là  le despotisme de la matière et les caprices des passions. A la poésie anarchique, en un mot, les tentatives toujours vaines, les "espérances toujours déçues, le vautour et la rage impuissante de Prométhée, tandis que la poésie soumise à  l'ordre, qui lui garantit une liberté inviolable, cueillera les fleurs de la science, elle traduira l'harmonie des nombres, interprétera la prière universelle et marchera, bientôt devant la science, sur ses traces, mais toujours près d'elle, dans la lumière vivante du Verbe et dans la voie assurée du progrès!
Le XVIIIe siècle a vu les abus de la religion: des
  bûchers à tour de bras; les spéculations pécuniaires indignes, etc. Mais il a méconnu la force de cette même religion, parce qu'il n'en devinait pas le secret. La haute mystique échappe à  l'incrédibilité et à l'ignorance parce qu'elle s'appuie également et sur la science et sur la foi.

Ainsi,  comprendre l’enseignement de notre seigneur Osiris, l'Homme est le thaumaturge de la terre, et par son verbe, c'est -à -dire par sa parole intelligente, il dispose des forces fatales. Il rayonne et attire comme les astres; il peut guérir par un mouvement, par un signe, par un acte de sa volonté. Osons le dire!

Prenez soin de vous et vos proches !

Cham.

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