LE PAPE EN AFRIQUE

Et si Benoît XVI n'aimait pas les Noirs descendants de Cham ?

Sa Sainteté le pape Benoît XVI arrivera à Yaoundé, mardi 17 mars, pour trois jours avant de poursuivre sa route à Luanda, en Angola. Élu pape le 19 avril 2005, l'ex-cardinal Josef Ratzinger effectue son premier voyage en Afrique en tant que souverain pontife. Celui-ci ne sera pas de tout repos. On attend de lui beaucoup de clarifications.

Le 15 février 2009, le pape Benoît XVI a nommé les présidents délégués, le rapporteur général et les secrétaires spéciaux du deuxième synode des évêques pour l'Afrique, qui se déroulera au Vatican, du 4 au 25 octobre 2009. Sachant que le président effectif dudit synode sera le pape Benoît XVI lui-même, les trois présidents délégués s'appellent le cardinal nigérian Francis Arinze, préfet émérite de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, le cardinal sénégalais Théodore-Adrien Sarr, archevêque de Dakar et le cardinal sud-africain WiIfrid Fox Napier, archevêque de Dur- ban. Le rapporteur général sera le cardinal ghanéen Peter Kodwo Appiah Turkson, archevêque de Cap Coast. Il sera la pierre angulaire du synode car chargé de présenter les questions à débattre et de recueillir les conclusions du synode. Quant aux secrétaires spéciaux, ils seront Mgr Damiao Antonlo Franklin, archevêque de Luanda, et Mgr Edmond Djitangar, évêque de Sarh au Tchad.

Le synode aura pour thème, L'Église en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. 'Vous êtes le sel de la terre... Vous êtes la lumière du monde' (Mt 5, i3-14) ». Á Yaoundé, le 19 mars, soit deux jours après son arrivée, le pape remettra le document de travail « lnstrumentum laboris » de l'assemblée synodale. C'est également dans la capitale camerounaise que le pape Jean-Paul Il avait remis, en septembre 1995, l'exhortation apostolique post-synodale qui concluait le premier synode sur l'Afrique qui avait eu lieu l'année précédente au Vatican. Yaoundé, terre bénie des papes?

La venue de Benoît XVI à Yaoundé, son premier voyage en Afrique depuis son élection le 19 avril 2005, devra également lui permettre de réaffirmer certains principes de la vie, qui sont en train de vaciller sous la pression conjuguée des lobbys. C'est ainsi que les Africains croyants ou laïques attendent que le Saint-père réaffirme son dégoût pour l'homosexualité à un moment où certaines chancelleries occidentales, à Yaoundé, célèbrent en catimini des unions entre personnes de même sexe. L'homosexualité étant condamnée par les lois camerounaises, le pape Benoît XVI devra venir en appui à Mgr Simon Tonye Bakot, archevêque de Yaoundé et président de la Conférence épiscopale du Cameroun, qui ne perd pas une occasion pour condamner l'homosexualité, et montrer les bienfaits du mariage et de la procréation. Cette condamnation du pape de l'homosexualité est tellement attendue que, s'il ne le faisait pas, il n'est pas exclu que demain, les chrétiens hétérosexuels du Cameroun et d'Afrique, commencent à raser les murs, comme si c'est eux qui n'étaient plus des personnes normales.

Ceci dit, le premier voyage du Saint-père en terre africaine, me donne l'occasion de l'interpeller sur un certain nombre de sujets graves.

Première interpellation

Les Prêtres Africains sans Papiers en plein Vatican

«Vous n 'allez peut-être pas le croire, mais il y a des prêtres africains qui sont clochards ici au Vatican !» Celui qui parle ainsi, sous couvert d'anonymat, est lui-même prêtre et africain.        

Au Vatican. Il voit passer régulièrement, à son bureau, des confrères désargentés qu'il essaie d'aider au mieux, en regrettant que « personne ne s'occupe véritablement d'eux » et que le Saint-siège «s'en lave les mains.» Ce témoignage qu'on aurait pu croire inimaginable dans l'univers catholique, est relaté dans le dernier livre «Et si Dieu n'aimait pas les noirs (enquête sur le racisme aujourd’hui au Vatican) » de Serge Bilé et Audifac Ignace. Pour des raisons d'études, les prêtres africains viennent au Vatican. À cause des bourses insuffisantes, ils essaient de joindre les deux bouts en disant des messes qui dans des maisons de retraite, qui dans des prisons, qui dans des endroits isolés. Conséquence, ils n arrivent pas à concilier, toujours, ce job et leurs études, ce qui entraîne, parfois, la non-reconduction de leur permis de séjour. Ils deviennent alors des sans papiers. Quelques fois, ils terminent leurs études mais refusent de rentrer au pays parce qu'ils souhaitent acquérir auparavant une solide expérience. Mais cela n'est pas facile car à moins de célébrer les messes «privées», les prêtres sans papiers n'ont pas le droit d'officier dans les paroisses italiennes, en application d'une directive publiée en avril 2001 par le cardinal Jozef Tomko, le préfet de la congrégation pour l'évangélisation des peuples. En réalité, ce texte vise clairement les prêtres africains « nous sommes une centaine de prêtres sans papiers ici au Vatican. On prend un verre ensemble quelquefois. Il y a des Congolais de Brazzaville, des Congolais de Kinshasa, des Camerounais, des Ivoiriens, des Kenyans, des Tanzaniens, des Sud-africains, et même, des prêtres des îles comme Haïti », déclare un prêtre africain. Tous se battent pour survivre parfois avec l'aide des prêtres italiens, et ce au vu et au su du pape dont cela n'est nullement un secret. Un système que le cardinal béninois Bernardin Gantin, décédé le 13 mai 2008, à Paris, dénonçait en des termes très polis, quand il était encore à la curie : «Il faut éviter que des prêtres africains ne se promènent dans les diocèses du monde, en recherchant leur bien- être matériel plutôt qu'un zèle pastoral.»

La question que je pose au pape Benoît XVI est simple : pourquoi le Vatican n'établit-il pas un dialogue avec les prêtres africains sans papiers (ils sont actuellement une centaine dans tout le Vatican) pour leur permettre d'officier la messe alors que les églises italiennes, françaises et européennes, manquent - cruellement - de prêtres ?

Deuxième interpellation

Les Religieuses Africaines Prostituées aux abords du Saint-Siège

Ici, aussi, le sujet est tabou. Dès qu'on l'évoque, les portes se ferment. Tout le monde se tait, sauf quelques rares qui osent en parler. Un prêtre africain du Vatican, grand connaisseur du problème, avance même le chiffre d'une «cinquantaine au moins de religieuses « qui exercent discrètement le plus vieux métier du monde aux alentours du Vatican.» Il témoigne à visage découvert dans le livre de Serge Bilé et Audifac Ignace : «Tout le monde est au courant. Mais personne ne dit rien. Elles font ça pour cinquante, cent, ou deux cents euros, avec des policiers ou des chefs d'entreprise, pour ce que j'en sais. Il y a même des prêtres italiens et africains parmi leurs clients. Ils leur offrent, en retour, un appui pour faire leurs papiers.»

L'affaire est simple. Elle concerne aussi bien les religieuses africaines, essaimées dans les couvents italiens, que celles qui ont quitté le voile, lassées des «brimades «ou cherchant une « vie meilleure.» Elles sont nombreuses, confie une ex-religieuse congolaise qui a fui sa communauté pour avoir un enfant. La raison à ce changement de comportement ? « Toutes sont, un jour ou l'autre, confrontées au problème du renouvellement de leur permis de séjour religieux. Or, pour ça, il leur faut une lettre de prise en charge d'un prêtre, d'une congrégation ou d'un diocèse. Certains curés italiens et africains les aident à obtenir cette lettre en échange de faveurs «, écrivent les auteurs. En effet, les sœurs que l'on envoie en Italie faire des études sont triées sur le volet, et ne partent pas de leur propre chef, explique l'une d'elles, qui a séjourné dans la capitale italienne dans les années 80. C'est leur institut qui les désigne en fonction de ce qu'elles pourront apporter, à leur retour, à la pastorale du groupe. Une fois à Rome, elles vivent en communauté et suivent des cours dans la journée à l'université. Ce sont évidemment des religieuses sur la vocation desquelles leurs supérieurs n'ont aucun doute, même si cela peut arriver que l'une ou l'autre change d'avis en cours de route. Mais c'est extrêmement rare. Je dois avouer quand même, pour suit-elle qu'à mon époque, on vous accueillait plus facilement en Europe, et les choses étaient mieux préparées. Aujourd'hui, vous avez des instituts qui envoient des religieuses sur une simple promesse qu'elles recevront une bourse une fois sur place. Or quand les sœurs sont là, on ne leur donne rien. Parfois, elles n'ont même pas de logement et sont obligées de se débrouiller. C'est là que les problèmes commencent.

Il arrive alors que, confrontée à d'insurmontables difficultés, l'une ou l'autre de ces religieuses soit tentée de vendre secrètement ses charmes pour réussir à « se loger, payer ses études et ses livres, quand elle n'abandonne pas carrément l'université dans le but de « faire de mauvaises choses pour gagner de l'argent «. Toujours en flèche dans la dénonciation, le cardinal Bernardin Gantin, en mars 2007, avait condamné cette façon de faire: «Les congrégations religieuses européennes, agonisantes ou en voie d'extinction, ne devraient pas aller se rajeunir à bon prix dans les jeunes Églises en Asie et en Afrique », en soulignant au passage qu'« en Afrique comme ailleurs, dans le clergé comme dans la vie religieuse, le bon grain côtoie l'ivraie.»

Il ne suffit pas de savoir que des religieuses s'adonnent à la prostitution pour pouvoir pour autant les voir. D'abord, parce que tout se fait dans le plus grand secret : pour elles, pas de trottoir, et pas de chambres glauques pour recevoir le client. Ensuite, parce que ceux qui les connaissent, même s'ils n'approuvent pas leur démarche, font tout pour les protéger.

Un jour, l'archevêque de Bangui, (qui avait entendu parler de la Congolaise dans les médias du monde entier. Il refusait de croire cette vérité chrétienne.

Et si l'Église Catholique n’aime pas les Africains ?

Les déclarations de Benoît XVI au Cameroun sur l'utilisation du préservatif ont déclenché dans le monde entier une vague d'indignation sans précédent.
Benoît XVI a déclaré hier, à son arrivée au Cameroun, que l'on ne pouvait «pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs» et que, « au contraire, leur utilisation aggrave le problème.»

Le directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida Michel Kazatchkine a exprimé sa « profonde indignation » et a demandé au pape de « retirer ses propos, et clairement », les jugeant « inacceptables.»

Le ministère des Affaires étrangères a exprimé la «très vive inquiétude» de la France devant des propos qui mettent en danger «les politiques de santé publique et les impératifs de protection de la vie humaine.» La France estime « qu'avec l'information, l'éducation et le dépistage, le préservatif est un élément fondamental des actions de prévention de la transmission du virus du sida.» « Ce pape commence à poser un vrai problème», a déclaré l'ancien Premier ministre Alain Juppé (UMP), tout en se déclarant catholique et « attaché aux valeurs chrétiennes ». Pour lui, ces propos, venant après la levée de l'excommunication d'un évêque intégriste ayant tenu des propos négationnistes et l'excommunication d'une mère ayant fait avorter sa fillette violée au Brésil, donnent l'impression que le pape vit «dans une situation d'autisme total.»

La ministre de la Santé Roselyne Bachelot s'est dite «catastrophée » par les propos «irresponsables » du pape, et a rappelé que le préservatif est « le seul et unique moyen de prévention » de cette maladie « dont on ne guérit pas.» A l'autre bout de l'échiquier politique, la secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet a qualifié ces déclarations d'«irresponsables» et de «criminelles.»

Daniel Cohn-Bendit, député européen des Verts, a estimé que les propos du pape constituaient «presque un meurtre prémédité.» « Il y en a assez maintenant de ce pape », a-t-il lancé.

Le président de l'association Élus locaux contre le sida, Jean Luc Roméo, «totalement scandalisé et sidéré », a évoqué «un message de mort adressé aux Africains.»

Les ONG catastrophées

Pour Médecins du monde, il s'agit de «paroles gravissimes quand on voit l'impact que ce type de message peut avoir en Afrique.» « Ce sont des années de travail qui sont remises en cause et surtout ce sont des millions de gens qui vont être contaminés à cause de ces déclarations.»

Ces très vives critiques ont été reprises par la plupart des ONG partout dans le monde. L'ONG sud-africaine Catholics for Choice a appelé à «prier pour que le pape change de position et adopte celle des catholiques ordinaires: utiliser des préservatifs sauve des vies.»

Ainsi, l’Église Animiste de notre Temps, trouve déplacer les propos irresponsables du Pape sur cette maladie mortelle, qui fait des ravages dans le monde.  

Les événements actuels de ce DOM   Calendrier de célébrations et Prières  Un Jesus Noir fait scandale en Italie

Les sources : Afrique d'éducation du 1er au 15 mars 2009. 16ème année n°271

Nous attendons vos vives réactions. Au plaisir de vous lire à nouveau !  

 

 CHAM

Cham Animiste

L'Église animiste de France. 

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